Marouane Chamakh a perdu patience en même temps que son sang froid. Le buteur des Girondins veut plus que jamais quitter son club formateur pour rejoindre Arsenal et accuse ses dirigeants de ne pas le laisser toucher du doigt son rêve : "Je suis en colère, je suis même dégoûté. Je ne comprends pas pourquoi on me fait ça (...). Aller à Arsenal, c'est mon rêve. Ce que demande le club n'est pas juste", confie-t-il dans les colonnes de l'Equipe. Jusqu'ici, le Marocain s'était contenté d'évoquer son souhait de quitter la Girondin. Mais, alors qu'Arsenal propose 8 millions d'euros aux champions de France qui en réclament entre 18 et 20 millions d'euros, il a durci sa position devant l'intransigeance de ses dirigeants.

Difficile de croire dès lors que son nom sera couché sur la feuille de match face à Lens dimanche prochain. Car Chamakh ne s'est pas contenté d'être véhément vis-à-vis de Jean-Louis Triaud. Il a également brandi la menace de ne pas prolonger son contrat et de partir libre à l'issue de l'exercice 2009-10 : "Une chose est certaine, je n'ajouterai pas une année de plus à mon contrat". Alors qu'il se déclarait jusqu'ici prêt à se donner à 100% avec Bordeaux s'il devait rester fidèle au club au scapulaire, Chamakh achève son propos en esquissant le début d'un bras de fer : "Là franchement, je n'ai pas la tête à commencer la saison avec Bordeaux. "

Bordeaux n'a pas de marge de manoeuvre

La position des Girondins est désormais plus qu'inconfortable. Jean-Louis Triaud et Laurent Blanc vont-ils prendre le risque de démarrer le championnat avec un Chamakh démobilisé ? Doivent-ils vendre le Marocain, leur atout numéro 1 en attaque la saison dernière, et prendre le risque de considérablement s'affaiblir ? Certes le mercato ne s'achève que le 31 août, mais derrière Chamakh (13 buts en L1 la saison dernière), David Bellion est loin d'avoir la même influence sur le jeu que le Marocain.

Depuis 5 saisons, Bordeaux construit ses phases offensives autour de son point d'appui. Son départ obligerait les champions de France à revoir leur plan dans l'urgence et les solutions évoquées jusqu'ici (Kamara entre autres) auront bien du mal à faire oublier l'international marocain. Il a fallu plus d'un mois pour compenser le départ de Souleymane Diawara vers l'OM par l'arrivée de Michael Ciani. En cas de départ de Chamakh, les dirigeants bordelais ne disposeront pas d'autant de marge de manoeuvre. Et déjà, le temps presse pour régler.