Avec 104 millions de dollars de recettes, "Harry Potter et le Prince de sang-mêlé", sixième long métrage de la série inspirée des romans de J.K. Rowling, a établi un nouveau record pour sa première journée complète d'exploitation.

Selon la Warner Bros, les recettes du sixième volet d'Harry Potter ont atteint 58,18 millions de dollars en Amérique du Nord et 45,85 millions dans le reste du monde, pour sa première journée complète d'exploitation.

"Nous devons tout simplement ce record aux fans remarquables qui nous ont suivi et qui ont fait la queue pour être les premiers à voir 'Harry Potter et le Prince de sang-mêlé'", déclare Alan Horn, PDG de Warner, dans un communiqué. Paul Dergarabedian, de la rubrique Box Office du site Hollywood.com, a quant à lui jugé ce début "stratosphérique".

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Le sixième volet des aventures du célèbre sorcier arrive mercredi sur les écrans français. Un film qui remplit efficacement son objectif : préparer l'affrontement final entre Harry Potter et son ennemi Voldemort.

Un sixième film en forme de rupture. L'enfance est terminée, l'adolescence bien entamée. Le ton est donné dès les premières secondes du film avec la voix de l'abominable Bellatrix Lestrange répétant à l'envie qu'elle a tué Sirius Black, le parrain d'Harry. Le ciel de Londres, éternellement gris, se craque quand apparaît la marque de Voldemort. Ses disciples, les Mangemorts, traversent la capitale britannique et répandent le chaos. Sous leurs attaques, le Pont du Millenium s'écroule dans la Tamise. La métaphore est là : le Seigneur des Ténèbres est bien de retour et l'affrontement est désormais inévitable.

Le sixième volet des aventures de Harry Potter est un round d'observation avant la confrontation finale annoncée pour le septième et dernier épisode. Dumbledore, le directeur de l'école de magie de Poudlard, va préparer Harry en lui dévoilant certains aspects de la vie de Celui-dont-on-ne-doit-pas-prononcer-le-nom, son enfance à l'orphelinat, son intérêt exacerbé dès l'adolescence pour la magie noire.

Obsession

Mais Harry Potter et le Prince de sang mêlé ne se limite heureusement pas à cela. Malgré les heures sombres, les adolescents grandissent et voient naître en eux des sentiments jusqu'alors inconnus. Le premier d'entre eux est l'amour, forcément. Filles et garçons paradent dans les couloirs de Poudlard, les couples se forment et se déforment entre les cours de potions et de défense contre les forces du mal. Harry se voit de plus en plus attiré par Ginny, la soeur de son meilleur ami Ron. Ce dernier, aveuglé, ne comprend toujours pas qu'Hermione l'aime... Attisés, les sentiments évoluent vers l'obsession, le thème central du film. L'obsession d'Harry pour un vieux grimoire appartenant au prince de sang mêlé. L'obsession d'Hermione pour son ami Ron, lui-même obsédé par ses compères féminines. L'obsession du professeur Slughorn pour les célébrités. L'obsession de Dumbledore à percer le secret de Voldemort. L'obsession du jeune Drago Malefoy à remplir la mission secrète confiée par le Seigneur des Ténébres...

L'obsession aussi des millions de fans à travers le monde dont la patience fut mise à rude épreuve. Harry Potter et le Prince de sang mêlé débarque sur les écrans avec huit mois de retard. La sortie du film, initialement prévue pour novembre 2008, a été décalée en raison du succès du dernier volet de Batman, The Dark Knight, l'été dernier. Inutile pour la Warner, qui distribue les deux films, de compter la même année deux énormes blockbusters. La patience aura payé : le film, aussi fidèle que possible à l'?uvre de J.K Rowling, tient toutes ses promesses.



La magie opère

Le sixième tome des aventures d'Harry Potter est la clé de voûte de l'intrigue, le pendant du deuxième tome, La chambre des secrets. Comme dans le tome deux, plusieurs aspects de la vie de Voldemort sont dévoilés. L'adaptation au cinéma n'est pas différente et conserve les qualités et défauts du livre. L'action est réduite à son plus stricte minimum. Hormis quelques scènes spectaculaires comme le "duel" final entre Dumbledore et le Prince de sang mêlé, le film privilégie les rapports entre les personnages. Leur psychologie est mise en avant alors que dessine leur destin. Impossible donc, en regardant le film, ne pas penser à l'ultime épisode de la saga, Harry Potter et les Reliques de la Mort, dont la première partie doit sortir sur les écrans en novembre 2010.

Niveau ambiance, le sixième volet est conforme aux derniers films : la magie opère, soutenue par des effets spéciaux étonnants, mais l'univers d'Harry Potter est de plus en plus sombre, effrayant. En un mot : adulte. Les acteurs sont eux aussi remarquable. Les enfants découverts il y a maintenant huit ans sont devenus grands. Le plaisir de les retrouver après des mois d'absence est toujours entier. Mention spéciale à Helena Bohnam Carter qui campe une Bellatrix Lestrange encore plus effrayante que dans les livres. Alan Rickman est quant à lui parfait dans le rôle de Severus Rogue : cynique, injuste, inquiétant... L'entendre maudire Harry Potter est un véritable bonheur.